Traduit par Batia Baum
Comme je reste ici assise
Sombre et lasse de misère,
Le désir m’a prise de faire
Une complainte de la mouise.
Lourde de peines pèse ma chemise,
Il est temps de faire ma lessive,
Mon linge blanc a la jaunisse,
Pas loin déjà du rouge cuivre.
Mon dos ploie sous le tourment,
Sous sa presse m’écrase le souci:
L’épicier voudra-t-il seulement
Me donner du savon à crédit?
Non, il n’a rien voulu savoir!
Le Coeur dur comme l’amidon!
Pour mes beaux yeux, mes yeux noirs,
Il ne donnera pas de savon.
Et au doux linge frais et blanc
Je demeure encore étrangère,
Bien que mon corps ait voulu chanter
La ballade de la Claire chemise. |